Chaque 14 novembre, la Journée mondiale du diabète met en lumière une maladie très répandue chez les seniors. En 2026, l’OMS et la Fédération internationale du diabète ont choisi pour thème « Agir tôt contre le diabète » (OMS). Pour les familles, agir tôt a aussi un sens très concret : vérifier, avant l’entrée en EHPAD ou en résidence, que le diabète de leur proche y sera bien suivi.
Le diabète est fréquent après 70 ans. En 2016, environ un homme sur cinq et une femme sur sept âgés de 70 à 85 ans étaient traités pour un diabète (La Revue du Praticien, d’après Santé publique France). Dans les établissements d’accueil au long cours, la part de résidents diabétiques est estimée entre 8 et 25 % (Santé publique France).
Quand un proche diabétique s’apprête à entrer en établissement, les familles pensent d’abord à la place disponible, au budget et à la distance. La question du suivi du diabète arrive souvent plus tard, parfois après la signature du contrat.
Or tous les lieux de vie ne disposent pas des mêmes moyens. Qui fera les injections ? Que se passe-t-il en cas de malaise la nuit ? Les repas tiendront-ils compte du traitement sans priver votre proche du plaisir de manger ? Voici les points à vérifier avant l’entrée, pour choisir en connaissance de cause.
Tous les établissements ne suivent pas le diabète de la même façon
Le premier point à vérifier est le type d’établissement, car il détermine la présence ou non d’une équipe soignante sur place.
| Lieu de vie | Équipe soignante sur place | Qui fait les injections d’insuline | Adapté quand |
|---|---|---|---|
| Résidence services seniors | Non | Votre proche lui-même, ou un infirmier libéral qui se déplace | Votre proche gère son traitement de façon autonome ou avec un passage infirmier régulier |
| Résidence autonomie | En général non | Votre proche, ou un infirmier libéral | Votre proche est autonome et a surtout besoin d’un cadre sécurisé |
| EHPAD | Oui : médecin coordonnateur, infirmiers, aides-soignants | Les infirmiers de l’établissement | Votre proche a besoin d’aide au quotidien pour son traitement ou pour les gestes de la vie courante |
| USLD (unité de soins de longue durée) | Oui, avec une présence médicale renforcée | L’équipe infirmière | Le diabète s’ajoute à d’autres pathologies qui demandent une surveillance médicale constante |
En résidence services ou en résidence autonomie, votre proche vit comme chez lui. Les soins s’organisent donc comme à domicile : il garde son médecin traitant et fait appel à un infirmier libéral si besoin. Avant de signer, assurez-vous qu’un cabinet infirmier intervient dans la résidence et qu’il a de la disponibilité aux horaires des injections.
Pour situer le niveau d’autonomie de votre proche, la grille AGGIR est un bon point de départ. Nous l’expliquons dans notre article sur le lieu de vie selon le niveau de dépendance.
Soins infirmiers et injections : qui fait quoi
L’injection d’insuline est un acte réservé aux infirmiers. Un aide-soignant ne peut pas la réaliser (SNPI, via Santé mentale).
Depuis la réforme de leur formation en 2021, les aides-soignants formés peuvent en revanche mesurer la glycémie au bout du doigt ou lire un capteur de glucose (Elsevier). C’est utile au quotidien, mais la décision d’adapter une dose reste du ressort de l’infirmier ou du médecin.
La vraie question porte donc sur les horaires de présence infirmière. En EHPAD, les infirmiers sont là en journée, mais leur présence la nuit n’est pas systématique : certains établissements fonctionnent avec une astreinte téléphonique. Si votre proche reçoit une injection tardive ou un traitement à horaires précis, vérifiez qu’il pourra être respecté.
Trois questions à poser :
- Quels sont les horaires de présence des infirmiers, en semaine et le week-end ?
- Qui intervient la nuit en cas de besoin, et dans quel délai ?
- Le traitement actuel de votre proche (horaires, nombre d’injections) est-il compatible avec l’organisation de l’équipe ?
Surveillance de la glycémie et hypoglycémies
Chez une personne âgée fragile, l’objectif n’est plus d’obtenir une glycémie parfaite. Les recommandations de la HAS fixent des objectifs différents selon l’état de santé de la personne (Le Quotidien du Médecin). L’enjeu principal devient d’éviter les hypoglycémies, qui exposent aux chutes et aux confusions.
Une équipe bien organisée dispose d’une conduite à tenir écrite en cas d’hypoglycémie, connue de tout le personnel, y compris de nuit. Demandez à la consulter.
Informez-vous aussi sur le lien avec le médecin. En EHPAD, votre proche peut en principe garder son médecin traitant, à condition que celui-ci accepte de se déplacer. Sinon, le suivi passe par un autre médecin intervenant dans l’établissement, en lien avec le médecin coordonnateur.
Si votre proche utilise un capteur de glucose, vérifiez que l’équipe sait le lire et sait qui prévenir quand les valeurs sortent des seuils fixés par le médecin.
Des repas adaptés, sans priver du plaisir de manger
Un « régime diabétique » strict n’est généralement pas recommandé chez la personne âgée. Le ministère des Solidarités met en garde contre les régimes restrictifs, qui augmentent le risque de dénutrition (guide d’action des EHPAD contre la dénutrition).
Une alimentation adaptée repose plutôt sur la régularité : des repas à heures fixes, des portions cohérentes avec le traitement et des desserts aménagés plutôt que supprimés.
Lors de la visite, demandez :
- si les menus sont établis ou validés par un diététicien ;
- comment l’équipe cuisine est informée du diabète de votre proche ;
- si une collation est proposée le soir, pour éviter un jeûne trop long entre le dîner et le petit-déjeuner ;
- comment l’horaire des repas s’articule avec celui des injections ;
- comment l’établissement surveille le poids et l’appétit des résidents.
Le goût compte aussi. Un repas partagé et apprécié contribue à l’équilibre de votre proche autant que le contenu de l’assiette.
Pieds, médicaments, rendez-vous : les points souvent oubliés
Le soin des pieds. Le diabète rend les pieds plus fragiles. Demandez si un pédicure-podologue intervient dans l’établissement et à quelle fréquence.
Le matériel. Lecteur de glycémie, bandelettes, capteurs, stylos d’insuline : clarifiez qui commande, qui stocke et qui vérifie les dates de péremption.
La pharmacie. Certains EHPAD ont leur propre pharmacie, d’autres travaillent avec une officine de ville. Renseignez-vous pour savoir si votre proche peut garder son pharmacien habituel.
Les consultations extérieures. Le suivi du diabète implique des rendez-vous réguliers, chez l’ophtalmologiste ou le diabétologue par exemple. Demandez qui organise ces rendez-vous et qui accompagne votre proche, l’équipe ou la famille.
Les questions à poser lors de la visite
Gardez cette liste avec vous pendant la visite de l’établissement. Vous pouvez aussi l’envoyer à l’avance au directeur ou à l’infirmier coordinateur.
- Quelle équipe soignante est présente sur place, et à quels horaires ?
- Qui réalise les injections d’insuline, y compris le soir et le week-end ?
- Qui intervient la nuit en cas de malaise ?
- Existe-t-il une conduite à tenir écrite en cas d’hypoglycémie ?
- Mon proche peut-il garder son médecin traitant ?
- Les menus sont-ils validés par un diététicien, et une collation est-elle proposée le soir ?
- Un pédicure-podologue intervient-il dans l’établissement ?
- Qui gère le matériel et les médicaments ?
- Qui organise et accompagne les consultations extérieures ?
- Combien de résidents diabétiques l’équipe accompagne-t-elle déjà ?
La dernière question donne une bonne idée de l’habitude de l’équipe. Une réponse précise et sans hésitation est plutôt bon signe.
Préparer le dossier et les premières semaines
Le dossier d’admission comporte un volet médical rempli par le médecin traitant. C’est le bon moment pour rassembler tout ce qui facilitera la prise en charge du diabète :
- la dernière ordonnance complète ;
- les résultats des dernières analyses ;
- le carnet de suivi ou l’historique du capteur de glucose ;
- les épisodes récents d’hypoglycémie, avec leurs circonstances ;
- les habitudes de votre proche : heures des repas, goûts, collations.
Ces habitudes comptent autant que les données médicales. Elles aident l’équipe à respecter le rythme de votre proche dès son arrivée.
Les premières semaines servent à ajuster. Proposez un point avec l’équipe soignante deux à trois semaines après l’entrée, pour faire le bilan sur la glycémie, l’appétit et le moral.
Pour les autres pièces du dossier, consultez notre article sur le dossier d’admission étape par étape.
Gaston vous accompagne dans cette transition
Choisir un lieu de vie pour un proche diabétique demande de croiser beaucoup d’informations, souvent dans un délai court. Chez Gaston, nous vous aidons à poser les bonnes questions aux établissements et à coordonner les étapes du départ du logement, de la vente ou la location du bien au déménagement. Les décisions médicales restent celles de votre proche et de son médecin. Notre rôle est de vous laisser le temps de vous y consacrer.
Questions fréquentes
L’admission est décidée par le directeur, après avis du médecin coordonnateur. Un établissement peut estimer ne pas avoir les moyens d’assurer certains soins, par exemple des injections à horaires très précis la nuit. Mieux vaut en parler ouvertement dès la première visite.
Oui, dès lors que votre proche gère ses injections ou qu’un infirmier libéral passe aux horaires nécessaires. La résidence n’assure pas elle-même les soins.
Oui. Les aides-soignants formés selon le référentiel de 2021 peuvent lire un capteur. L’interprétation et l’adaptation du traitement restent du ressort de l’infirmier et du médecin.
En EHPAD, les soins sont financés par l’Assurance maladie via le forfait soins de l’établissement. En résidence services ou en résidence autonomie, les passages d’un infirmier libéral sont remboursés comme à domicile.
